Portrait de femmes – Léa Chevry, Cofondatrice et directrice du développement de Tchek

Entrepreneuse dans l’âme

Fille d’entrepreneurs riche de plusieurs expériences à l’étranger, la co-fondatrice de Tchek, cette start-up capable de détecter automatiquement les dommages d’une voiture, mène sa barque comme elle a construit sa vie : avec de l’idée et des valeurs. Par Romain Baly @J2R_Auto

Je suis jeune, il est vrai ; mais aux âmes bien nées, la valeur n’attend point le nombre des années.” La célèbre réplique de Rodrigue dans “Le Cid” de Corneille sied assez bien à Léa Chevry. Du haut de ses 25 printemps, la cofondatrice de Tchek est effectivement très jeune mais, à l’écouter égrener ses expériences et ses idées, on lui donne facilement dix ans de plus. Il faut dire qu’elle a grandi dans une famille d’entrepreneurs (construction de maisons) et a très vite acquis des certitudes. “Je me suis construite dans cet uni- vers, notamment auprès de mon père, confie-t-elle. Ce que je retiens d’abord de mon père en tant que chef d’entreprise, c’est qu’il a toujours su s’entourer des meilleures personnes, parfois même meilleures que lui, pour avancer. C’est ça aussi, entreprendre. Il faut mettre son ego de côté. Tout cela renvoie directement aux notions de management, d’humilité, de savoir-être, de transfert de pouvoir…

L’histoire de Tchek est empreinte de ces fondamentaux. Lancée en 2016, la start-up a mis au point un scanner qui détecte automatiquement les dommages sur la carrosserie. Autonome, cette technologie inspecte le véhicule, prend des photos et rend son rapport en quelques minutes. Un véritable atout pour fluidifier le parcours client chez les concessionnaires ou les loueurs. Aussi innovante soit-elle, Tchek reste une jeune pousse. Avec son asso- cié, Anton Fert, Léa Chevry est sur tous les fronts pour donner de l’épaisseur à cet ensemble. Là en- core, c’est dans ses racines familiales qu’elle puise. “Pour développer un projet, il faut y croire bien sûr, il faut travailler dur, mais il faut aussi réussir à le dépasser. C’est une manière de se structurer, de communiquer, de s’entourer des bonnes compétences.

UNE VISION À LONG TERME

Elle qui s’attache à “responsabiliser les équipes, à donner un but précis à chacun” est à la tête d’une dizaine de personnes issues d’univers et de pays variés. Une autre force de la jeune femme. Après avoir décroché un bac ES à Aix-en-Provence, ses études supérieures la mènent en Argentine puis à Montréal alors que son début de carrière se fait à Paris et à Londres. Autant d’étapes qui lui apportent beaucoup au quotidien. “Avoir vécu à l’étranger et vu comment on fonctionne ailleurs permet de structurer une pensée, ajoute- t-elle. Mon management est par exemple très inspiré de ce que j’ai connu. De ce point de vue, je ne crois pas que nous soyons particulièrement en retard en France. En revanche, j’ai fréquenté des managers au Canada qui étaient toujours très à l’écoute de tout le monde. Et ça, c’est une vraie source d’inspiration.” Pas vraiment en phase avec un quelconque débat sur l’égalité homme-femme dans la société, Léa Chevry prône davantage la promotion “des exemples, de ceux qui réussissent” et milite pour une plus grande mixité des cultures. Comment s’envisage l’avenir quand on est, à 25 ans, à la tête d’une petite entreprise en pleine croissance ? Développer puis revendre sa structure, comme font bon nombre de ses congénères, n’inspire pas du tout l’entrepreneuse. “Après avoir bien travaillé l’Est de la France, on souhaite accélérer notre développement dans l’Ouest tout en se déployant dans les pays limitrophes. À plus long terme, à l’instar de mes parents, j’ai la volonté de construire une vraie structure pérenne. Que ce soit Anton ou moi, on s’imagine accompagner Tchek pendant assez longtemps”, conclut-elle. •

“AVOIR VÉCU À L’ÉTRANGER PERMET
DE STRUCTURER UNE PENSÉE”

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